Ateliers 2015-18

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  • Atelier CHARLOTTE CLAMENS
    Atelier dirigé par Charlotte Clamens
  • Atelier CHARLOTTE CLAMENS
    Suzanne Gelée et Baptiste Dezerces
  • Atelier CHARLOTTE CLAMENS
    Johann Weber
  • Atelier CHARLOTTE CLAMENS
    Ulysse Bosshard et Arnaud Vrech, moment de répétition
  • Atelier CHARLOTTE CLAMENS
    Moment de répétition

PHEDRE  I  JOUER C’EST AVOUER

Les quinze élèves de la promotion 4 ont travaillé sur la Phèdre de Sénèque et la Phèdre de Racine dans un atelier conduit par Charlotte Clamens.

De nombreuses œuvres littéraires interrogent la figure mythique de Phèdre. En portant mon choix sur deux d’entre elles, celle de Sénèque et celle de Racine, j’ai désiré dans cet atelier d’interprétation mettre l’accent sur le travail de la langue, en faire comprendre les ressorts mais surtout amener ces jeunes interprètes à ressentir le plaisir et la jubilation de son maniement. Le travail de l’acteur consiste à rendre vivante l’écriture du poète en respectant la forme qu’il a inventée. Donner vie à la langue, tant celle libérée de Sénèque dans la traduction de Florence Dupont que celle versifiée de Racine, est la mission première de l’acteur. Je dois « avouer » aussi qu’en travaillant sur ces deux grands textes, tout imprégnés des déchaînements de l’amour-passion, j’ai invité les élèves à resserrer leur réflexion sur la notion de l’aveu qui est au cœur de la tragédie de Phèdre. L’aveu, dès qu’il est prononcé, déclenche irrésistiblement la fureur tragique. On ne peut plus revenir en arrière. L’aveu est selon moi la posture première de l’acteur. L’aveu, c’est l’image de l’acteur qui vient en scène dire son texte. Il ne peut pas se dérober.

Charlotte Clamens, extrait d’un entretien avec Didier Kerckaert, février 2013.

 

OENONE

Aimez-vous ?

PHEDRE

De l’amour j’ai toutes les fureurs.

OENONE

Pour qui ?

PHEDRE

Tu vas ouïr le comble des horreurs. J’aime… à ce nom fatal je tremble, je frissonne. J’aime…

OENONE

Qui ?

PHEDRE

Tu connais ce fils de l’Amazone, ce prince si longtemps par moi-même opprimé.

OENONE

Hippolyte ! Grands dieux !

PHEDRE

C’est toi qui l’as nommé.

OENONE

Juste ciel ! Tout mon sang dans mes veines se glace.

 

Phèdre, Racine, Acte I, scène III.